La fourbure est une pathologie grave mais fréquente. Il est essentiel de savoir reconnaitre ses symptomes mais également de connaitre les raisons de son apparition afin de protéger au mieux nos chevaux.

 

Il s'agit d'une mauvaise vascularisation du pied qui entraine la désolidarisation de l'os du pied par rapport au sabot. Cette désolidarisation se traduit par la bascule de l'os, la troisème phalange, vers l'avant. Cette bascule n'est pas obligatoire, elle intervient dans les cas les plus graves et peut même aller jusqu'à percer la sole.

Cette bascule de la troisième phalange est très douloureuse en face aigüe et est irréversible ce qui apporte des modifications à vie sur l'aplomb du pied, la biomécanique du pied et donc sur les contraintes tendineuses et articulaires des membres antérieurs. 

En général, la fourbure ne touche que les membres anterieurs mais touche les deux en même temps et de manière sensiblement égale. En cas de crise on remarque donc une différence de température entre les antérieurs, plus chauds à cause de l'inflammation, et les postérieurs qui sont à température habituelle.

De part la forte douleur qu'elle entraine sur l'avant du pied, elle provoque une position du cheval exagérément campée sur les postérieurs, très caractéristique. A travers cette position, le cheval cherche à reporter au maximum son poids sur l'arrière-main pour alléger les membres antérieurs douloureux.

Le cheval refuse de se déplacer, marche sur des oeufs, ne donnent pas les pieds, souffre et dans les cas les plus graves, reste couché...

 

Une fois la crise passée, dans le cas où la phalange a basculé, la douleur est moins importante mais peut être toujours présente : les tissus sont comprimés et l'os est plus près du sol et donc plus sujet aux douleurs liés aux chocs. On parle alors de fourbure chronique.

Le cheval, pour se préserver de la douleur s'appuiera moins en pince (l'avant du pied) et d'avantage en talon. L'aplomb sera donc modifié et l'usure du pied également : en effet les talons s'useront d'avantage tandis que la pince s'usera moins et pourra donner l'impression de pousser plus vite et d'être particulièrement longue. Sans la visite régulière d'un maréchal ferrant, on pourra alors observer une pousse en "pied chinois".

 

Mais à quoi est-ce dû ?


Cette mauvaise vascularisation du pied peut être due à de nombreux facteurs comme :

- le surpoids. Ainsi les races ayant tendance à l'embompoints, comme les shetlands, peuvent être plus facilement touchés.

- une ferrure trop sérrée

- Des chocs répétés sur la sole, en provoquant une inflammation. Ainsi la conformation du pied peut être un facteur à risque, comme par exemple des pieds plats ou une sole peu concave. C'est pourquoi certaines races, comme les pur-sangs anglais, peuvent être plus facilement touchés.

- une toxicité du sang, qui empeche au sang "empoisonné" de revenir vers le coeur : il reste dans les membres.

Cet "empoisement" peut venir
+ D'un apport excessif en azote (cheval dans un pré trop riche, mais qui n'est pourtant pas gros)
+ De n'importe quelle suralimentation (cheval qui se sauve et qui mange toute la reserve de grains, même si ce n'est pas un cheval gros)
+ De médicaments (vermifuges, antibiotiques, corticoïdes)
+ D'un choc thermique (cheval en sueur qui boit de l'eau glacée)
+ De n'importe quelle infection qui se généralise.



Comment le soigner ?

Il s'agit là d'une urgence vétérinaire. La vie de l'animal est engagée. Il est essentiel de mettre son cheval à la diète (uniquement à boire) en attendant un régime établit par le vétérinaire, et de déferrer rapidement tout en proposant au cheval un sol souple (mais pas trop profond). Une fois la crise passée, le cheval pourra être referré et benéficier du confort d'une ferrure orthopédique.

 

Un cheval ayant déjà eu une fourbure étant plus sensible à cette pathologie et pouvant plus facilement rechuter, il est essentiel de veiller à sa prévention, nottament en veillant à ce que l'animal garde un poids de forme (voire légèrement en dessous), ait une alimentation peu riche nottament en sucres et en azote et soit convenablement suivi par un mérachel ferrant.

 

Dans les cas les moins graves, le cheval peut ensuite reprendre une activité sportive normale, s'il bénéficie d'un bon suivi en maréchalerie.