Le mors est un outil de communication entre le cavalier et son cheval. Il existe des centaines de modèles différents avec, pour chacun un rôle particulier.

Mais la majorité des gens les classent simplement par sévérité ("il me faut le plus doux pour mon cheval, donc je choisi ce mors", ou bien "il me faut un mors plus dur pour ce cheval un peu difficile, donc je choisis ce mors"), il s'agit bien sur d'une réduction énorme de la capacité des mors qui ont bien d'autres rôles (abaisseurs, releveurs, encadreurs, affine les aides, etc...), mais pour ce premier sujet sur les mors, je ne vais m'intéresser qu'à ce critère, un des plus importants lors du choix du mors...

Le fonctionnement du mors

Lorsque le cavalier agit sur le mors via les rênes, le cheval ressent le moindre mouvement au niveau de ces barres, de ces dents et de sa langue. Lors du débourrage, on aura appris au cheval à réagir au moindre mouvement sur sa bouche en changeant de directions ou alors en freinant. Si cette étape n'a pas correctement été assimilée, le cheval peut ne pas ralentir automatiquement dès qu'on agit sur les rênes. Il sent très bien l’action sur sa bouche (cette partie du corps est très sensible), mais ne sait pas comment y répondre... et donc n'y répond pas... ou pas comme on le voudrait. On dit que le cheval a la bouche dure.

Cependant, si on insiste notre demande, on peut amener une gêne très forte, voir une douleur, qui agit sur le cheval en venant depuis l'avant. Par réflexe, pour y échapper, il va ralentir... Mais petit à petit, si on ne lui explique pas ce que l'on attends de lui, il va s'habituer à cette gène... et il n'y répondra plus, ou alors en cherchant à s'y soustraire autrement (en accélérant, en passant sa langue par dessus le mors, etc...) Cela ne veut pas dire qu’il ne l’a sent plus !

C'est alors que le cavalier peut être tenter de changer d'embouchure, pour une autre plus dure. Alors, effectivement, la gène sera plus grande, et donc, le cheval pour s'y soustraire ralentira... dans un premier temps... Puis petit à petit, le même schéma se reproduira, et on entrera dans un cercle vicieux... une véritable escalade dans la sévérité des mors....

L'unique solution réside dans l'éducation, ou rééducation du cheval.

Sachez aussi que ce genre de mors peut être utilisé de manière tout à fait correcte, en dressage par exemple. Mais on ne les utilise uniquement sur des chevaux qui répondent déjà à la perfection à un mors classique.

Et surtout, dès lors qu'un mors est utilisé dans le but de freiner un cheval, il ne peut que faire des dégâts...

Pour y voir plus clair,  voici les mors doux « classiques » : mors olive, verdun, chantilly ou aiguille,  à gros canons. Chaque cheval doit répondre parfaitement aux aides de ces mors avant de passer à une autre embouchure.

saumur

(Un mors de bride Saumur)